Été brûlant - canicules, incendies, sécheresse : les Français face au choc climatique

Après le choc climatique de l’été 2026, les Français attendent les responsables politiques au tournant 

L’été 2026 marquera un tournant dans le rapport des Français au changement climatique : alors que 67 % se disent plus inquiets au sujet du réchauffement climatique après les événements extrêmes de l’été, 6 sur 10 indiquent qu’ils feront des propositions climatiques un critère important de leur choix de vote en 2027. Mais les Français retiennent aussi des incendies la capacité de la population à se mobiliser et à s’entraider dans l’adversité.

Près d’un Français sur quatre déclare avoir été concerné par les incendies, qu’il ait été personnellement menacé, ait eu un proche touché ou ait modifié ses projets en raison des feux. Parmi ceux qui n’ont pas été directement concernés, 69 % disent néanmoins avoir suivi les incendies de près.

Incendies et canicules : deux chocs émotionnels différents

Face aux incendies, la colère domine (41 %), juste devant la tristesse (38 %) et l’inquiétude (35 %). La canicule produit une réaction différente : l’inquiétude pour 48 % des Français, le sentiment d’impuissance pour 46 %, puis la résignation pour 16 % des Français. L’incendie ouvre le procès de ce qui aurait pu être évité, tandis que la chaleur nourrit le sentiment d’un phénomène qui nous dépasse.

La conscience climatique consolidée, le sentiment d’urgence renforcé

Le lien entre les événements de l’été et le changement climatique est très largement reconnu : 86 % des Français établissent ce lien concernant la sécheresse, 84 % concernant la canicule et 77 % concernant les incendies (seulement 67 % chez les électeurs du Rassemblement national).

L’été a surtout renforcé le sentiment d’urgence. Deux Français sur trois (67 %) se disent plus inquiets qu’auparavant face au réchauffement climatique. 

Bien que ces événements aient accru le sentiment d’impuissance pour 67 % des Français, ils ont néanmoins renforcé l’envie d’agir personnellement chez un Français sur deux (49 %).

"La bataille de la prise de conscience est gagnée, et l’inquiétude s’est muée en sentiment d’urgence. Reste à transformer l’anxiété en mobilisation

Stewart Chau, directeur adjoint stratégie et développement de Destin Commun

Les Français veulent à la fois réduire les causes du changement climatique et préparer le pays

L’opinion refuse de choisir entre la lutte contre le réchauffement climatique et l’adaptation à ses conséquences. Pour 45 % des Français, ces deux objectifs sont aussi importants, tandis que 27 % privilégient la lutte contre le changement climatique et 28 % l’adaptation à ses conséquences (+ 5 points depuis août 2025).

Les mesures les plus soutenues associent protection concrète et efficacité à long terme :

  • 85 % sont en faveur de l’interdiction des nouvelles constructions dans les zones les plus exposées aux incendies et aux inondations ;

  • 83 % soutiennent un grand plan de rénovation des logements et des bâtiments publics ;

  • 81 % se disent favorables à un développement massif de la géothermie, approche sous-exploitée qui utilise la chaleur naturelle des sous-sols pour chauffer ou rafraîchir les bâtiments.

Concernant la climatisation, 83 % des Français souhaitent équiper les écoles, hôpitaux et maisons de retraite. Les limites environnementales de la climatisation sont acceptées dès lors qu’elle permet de protéger les publics les plus vulnérables.

À l’approche de 2027, 6 Français sur 10 feront du climat une priorité de leur choix de vote

Alors que six Français sur dix déclarent que les propositions des candidats pour mieux faire face aux conséquences du changement climatique joueront un rôle important (38 %) voire très important (22 %) dans leur vote en 2027, 63 % des Français estiment qu’aucun parti n’incarne aujourd’hui une offre convaincante sur ces enjeux.

Le virage climatique du RN, principalement adaptationniste, ne convainc pas les Français, au regard de leur minimisation de longue date des risques climatiques : seuls 15 % jugent leurs propositions convaincantes.

La solidarité, bonne surprise et point positif du bilan d’un été douloureux

Malgré l’inquiétude et la faiblesse de l’offre politique, les Français retiennent de la crise une expérience positive : celle du collectif.

« Heureusement qu'il y a encore l'entraide des gens. Les gens s'entraident, les agriculteurs sur qui on a tiré il y a quelques mois, ils viennent aider les pompiers. C'est magnifique. Les gens qui préparent à manger, les boulangers, les jeunes qui distribuent des bouteilles d'eau. »
Daphné, 44 ans, Pays de la Loire

Pour 91%, l’élan de solidarité suscité par les incendies a montré que la population savait se mobiliser et s’entraider lorsqu’une situation grave l’exigeait. De plus, 86 % estiment que les réactions observées sur le terrain renforcent leur confiance dans la capacité du pays à s’unir dans l’adversité.

« Moi, je trouve que ça a montré la solidarité aussi parce que très vite, il y a eu des brigades, des casernes, qui se sont mobilisées aussi dans la France entière. Et c'est là aussi qu'on voit les valeurs de la France.
Mais je trouve qu'il y a aussi les valeurs des autres pays de l'Union européenne. Je sais qu'il y a des pompiers espagnols qui sont venus alors qu'eux-mêmes combattaient le feu dans leur pays.»

Aline, 28 ans, Normandie

"L’été 2026 a indéniablement marqué un tournant dans le rapport des Français aux enjeux climatiques et écologiques. Le défi est désormais de transformer la solidarité exceptionnelle face à la crise en capacité collective d’agir, et de l’incarner dans une offre politique crédible pour 2027”

Laurence de Nervaux, directrice générale de Destin Commun

                                            

Méthodologie de l'enquête : 

L’étude combine :

  • Un volet quantitatif : 2 000 personnes représentatives de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Représentativité assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession, et région)​. Critères de redressement : sexe et âge (croisés), CSP, région et catégorie d’agglomération. Mode de recueil : enquête auto-administrée en ligne. Dates : du 31 juillet au 5 août 2026.
  • Un volet qualitatif : les verbatim intégrés dans le rapport sont issus de la réalisation de 3 groupes de discussion de 2 heures chacun portant sur différents sujets d’actualités, dont les évènements climatiques extrêmes de l’été 2026. Dates : du 3 au 7 août.